Puces chez le chien et le chat : repérer, traiter, s'en débarrasser

Puces chez le chien et le chat : repérer, traiter, s'en débarrasser

Les notions du dossier

La puce la plus répandue chez nos animaux est la puce du chat, Ctenocephalides felis, qui parasite aussi bien le chat que le chien. Dans les relevés britanniques du réseau de surveillance SAVSNET, elle représente environ neuf puces sur dix retrouvées sur les deux espèces. La puce du chien, Ctenocephalides canis, est beaucoup moins fréquente. Ce sont des insectes sans ailes, aplatis sur les côtés, capables de sauts impressionnants, qui se nourrissent exclusivement de sang.

Le cycle de la puce passe par quatre stades : œuf, larve, nymphe dans un cocon, puis adulte. Seul l'adulte vit sur l'animal. Après un repas de sang, la femelle pond des œufs qui tombent dans l'environnement : panier, tapis, plancher, terre. Les larves fuient la lumière, se cachent dans les fibres et les recoins et se nourrissent notamment des déjections des puces adultes. Elles tissent ensuite un cocon, d'où l'adulte émerge sous l'effet de la chaleur, des vibrations ou du dioxyde de carbone signalant la présence d'un hôte.

Le cocon explique une bonne partie des échecs de traitement. Il protège la future puce de la plupart des insecticides, et l'émergence peut être retardée de plusieurs mois, jusqu'à six selon le conseil scientifique européen ESCCAP. Des puces peuvent donc continuer à apparaître des semaines après un traitement bien conduit : ce sont de nouvelles puces sorties de leur cocon, pas un traitement inefficace.

La dermatite allergique aux piqûres de puces est une réaction du système immunitaire aux substances contenues dans la salive de la puce. Chez un animal sensibilisé, quelques piqûres suffisent à déclencher de fortes démangeaisons, une perte de poils, des boutons et des croûtes, souvent sur le bas du dos et à la base de la queue. C'est l'une des raisons pour lesquelles on ne voit parfois aucune puce sur un animal qui se gratte énormément.

Dipylidium caninum est un ver plat, ou ténia, dont la puce est l'hôte intermédiaire. Le chien ou le chat s'infeste en avalant une puce porteuse lors de sa toilette. On repère parfois ses segments, semblables à des grains de riz, autour de l'anus ou dans les selles. Lutter contre les puces fait donc aussi partie de la prévention de ce ver.

Parasites

Puces chez le chien et le chat : repérer, traiter, s'en débarrasser

Elles reviennent alors que vous avez traité ? C'est presque toujours une question de cycle. Ce qu'il faut savoir pour en venir à bout, sans mettre votre chat en danger.

Votre chat se gratte derrière les oreilles depuis quelques jours. En le caressant, vous sentez de petites croûtes sur le bas du dos. Et ce matin, vous avez vu un minuscule point noir sauter sur le canapé.

Les puces sont très répandues : dans une enquête menée dans des cliniques britanniques au début de l'été, 28 % des chats et 14 % des chiens en portaient. Pour s'en débarrasser, il faut traiter tous les animaux du foyer en même temps, avec un antiparasitaire adapté à chaque espèce et à son poids, et nettoyer la maison, où se développent les œufs, les larves et les cocons. Et une règle ne souffre aucune exception : jamais d'antiparasitaire pour chien sur un chat.

Comment savoir si mon animal a des puces ?

En cherchant moins les puces elles-mêmes que les traces qu'elles laissent.

Quand il y en a peu, les puces adultes passent facilement inaperçues. Le test le plus simple est celui que recommande le conseil scientifique européen ESCCAP : passer un peigne fin dans le pelage, au-dessus d'une feuille de papier blanc humide ou d'un mouchoir mouillé.

Ce que vous trouvez Ce que ça signifie
De petits grains noirs entourés d'une auréole rouge sur le papier mouillé Des déjections de puces : c'est du sang digéré. Votre animal a des puces, même si vous n'en voyez aucune.
Des insectes bruns, aplatis, qui se faufilent dans le poil Des puces adultes.
Des boutons, croûtes ou zones dégarnies sur le bas du dos et la base de la queue Une possible allergie aux piqûres de puces : quelques piqûres suffisent alors à déclencher de fortes démangeaisons.
Des « grains de riz » autour de l'anus ou dans les selles Des segments d'un ver plat transmis par les puces, Dipylidium caninum. Parlez-en à votre vétérinaire.

« Je ne vois aucune puce, donc il n'en a pas »

C'est l'erreur la plus courante. L'ESCCAP le souligne : un petit nombre de puces peut passer inaperçu, d'où l'intérêt de peigner régulièrement. Et un chat fait sa toilette avec une telle application qu'il avale une bonne partie de ses puces.

Pourquoi les puces reviennent-elles toujours ?

Parce que l'essentiel de l'infestation n'est pas sur votre animal.

Seules les puces adultes vivent sur lui. Une femelle pond chaque jour des œufs, une vingtaine en moyenne selon l'ESCCAP, qui tombent sur le sol, dans le panier, sur le canapé. Les larves se cachent dans les tapis, sous les meubles, dans les fentes du parquet, puis s'enferment dans un cocon.

Ce cocon est le point faible de tous les traitements : il protège la future puce, qui peut attendre jusqu'à six mois avant de sortir, au moment où la chaleur, les vibrations ou la présence d'un animal lui signalent un repas. Résultat : vous traitez, tout va bien deux semaines, puis de nouvelles puces apparaissent. Ce n'est pas le produit qui a échoué, c'est le stock de cocons de la maison qui se vide progressivement.

Le saviez-vous

C'est pour cette raison qu'une maison inoccupée quelque temps peut « exploser » de puces au retour des habitants : les adultes attendaient dans leurs cocons, et sortent tous ensemble aux premiers pas.

Comment traiter l'animal et la maison ?

En même temps, et dans la durée. Les recommandations de l'ESCCAP tiennent en quelques principes.

Principe En pratique
Traiter tous les animaux Chiens, chats, et autres animaux à poils du foyer, le même jour, même ceux qui ne se grattent pas. Un seul animal non traité suffit à relancer le cycle.
Choisir le bon produit Un antiparasitaire adapté à l'espèce et au poids de chaque animal, de préférence conseillé par votre vétérinaire. Lisez la notice et respectez le rythme de renouvellement.
Aspirer souvent Tous les jours pendant la phase d'attaque, en insistant sur les zones où l'animal se couche, les tapis, les plinthes, le dessous des meubles. Videz le sac ou le bac dehors.
Laver les couchages Paniers, plaids, coussins de l'animal.
Tenir dans le temps Poursuivre le traitement plusieurs semaines, le temps que tous les cocons éclosent. L'ESCCAP insiste : la réussite dépend d'un protocole suivi sur la durée.

Il existe aussi des produits pour l'environnement qui bloquent le développement des œufs et des larves. Demandez conseil à votre vétérinaire, en particulier si vous avez un chat, des oiseaux, des poissons ou de jeunes enfants.

« Mon chat ne sort jamais, il ne peut pas avoir de puces »

Si un autre animal de la maison sort, il peut les ramener. Et les cocons installés dans un logement peuvent attendre des mois. Un chat d'intérieur est moins exposé, pas immunisé.

Pourquoi ne jamais utiliser un produit pour chien sur un chat ?

Parce que certains peuvent le tuer.

De nombreux antiparasitaires pour chien contiennent de la perméthrine, une substance que le chat ne sait pas éliminer. L'Anses a lancé une alerte en juin 2023 : entre janvier 2021 et décembre 2022, elle a recensé 143 chats victimes d'effets indésirables après un traitement à la perméthrine, dont 58 cas graves et 5 décès. Les signes sont neurologiques : tremblements, convulsions, perte d'équilibre, agitation, voire coma. Avec les pipettes concentrées, quelques gouttes sur la peau ou léchées suffisent.

Les consignes de l'Anses
Ne traitez jamais un chat avec un antiparasitaire pour chien à base de perméthrine.
Si chien et chat vivent ensemble, séparez-les après le traitement du chien, jusqu'à ce que la zone d'application soit sèche, et empêchez le chat de la lécher.
En cas d'exposition, même sans symptôme : lavez le chat à l'eau tiède avec du savon ou du liquide vaisselle, et contactez rapidement un vétérinaire.

Les remèdes naturels sont-ils une bonne idée ?

Pour les puces, « naturel » ne veut dire ni efficace, ni inoffensif.

Les mélanges à base d'huiles essentielles circulent beaucoup, jusque dans les magazines. L'un d'eux pose un vrai problème : l'huile essentielle de menthe pouliot. Le centre antipoison animal de l'ASPCA est formel : son efficacité contre les puces n'est pas démontrée, sa toxicité l'est. Elle contient de la pulégone, qui peut provoquer abattement, vomissements, saignements de nez, convulsions, une nécrose du foie et la mort. Sa recommandation est sans appel : ne jamais l'utiliser sur un animal.

D'autres huiles, comme l'arbre à thé ou les extraits d'agrumes, peuvent aussi provoquer des troubles quand elles sont mal diluées, sans efficacité établie contre les puces. Le chat y est particulièrement sensible. Le peigne fin, l'aspirateur et le lavage des couchages, eux, sont naturels, sûrs et utiles.

À retenir

N'appliquez jamais d'huile essentielle sur votre animal, ni sur son couchage, sans l'avis de votre vétérinaire. Et n'utilisez jamais de menthe pouliot.

Y a-t-il une saison des puces ?

Oui, mais elles ne prennent pas de vacances en hiver.

Les données du réseau de surveillance vétérinaire SAVSNET, à l'université de Liverpool, montrent une hausse régulière des cas du printemps à l'automne. Mais la puce du chat résiste au froid et se retrouve dans les maisons pendant les mois froids. Un logement chauffé lui offre de bonnes conditions toute l'année : c'est pourquoi votre vétérinaire peut vous conseiller une protection continue plutôt que saisonnière, selon le mode de vie de vos animaux.

Questions fréquentes

Comment savoir si mon chien a des puces ?
Passez un peigne fin dans son pelage au-dessus d'un papier blanc humide. Des grains noirs entourés d'une auréole rouge sont des déjections de puces : c'est la preuve d'une infestation, même sans puce visible.
Pourquoi y a-t-il encore des puces après le traitement ?
Parce que les cocons présents dans la maison résistent aux traitements et peuvent éclore jusqu'à six mois plus tard. Il faut traiter tous les animaux, aspirer souvent et poursuivre le traitement plusieurs semaines.
Peut-on utiliser l'antipuce du chien sur le chat ?
Non. De nombreux produits pour chien contiennent de la perméthrine, toxique et parfois mortelle pour le chat. L'Anses a recensé 143 chats intoxiqués en deux ans, dont 5 sont morts.
L'huile essentielle de menthe pouliot chasse-t-elle les puces ?
Son efficacité n'est pas démontrée, et elle est toxique pour le chien et le chat, avec un risque d'atteinte grave du foie. Elle ne doit jamais être utilisée sur un animal.
Les puces peuvent-elles transmettre des maladies ?
Oui. Elles transmettent notamment un ver plat, Dipylidium caninum, et des bactéries du genre Bartonella. Elles peuvent aussi déclencher une allergie cutanée très démangeante.
Faut-il traiter contre les puces en hiver ?
Les puces sont plus nombreuses du printemps à l'automne, mais elles survivent dans les maisons chauffées en hiver. Votre vétérinaire vous dira si une protection continue est adaptée à vos animaux.

Avis vétérinaire

Cet article est une information générale. Le choix d'un antiparasitaire dépend de l'espèce, du poids, de l'âge, de l'état de santé et du mode de vie de chaque animal : demandez conseil à votre vétérinaire. Pour un chaton, un chiot, une femelle gestante ou allaitante, ne traitez jamais sans son avis.

Information importante

Les aliments complémentaires pour animaux ne sont pas des médicaments vétérinaires et ne se substituent pas à une consultation. Sources de cet article : ESCCAP, guide « Control of Ectoparasites in Dogs and Cats » ; Anses, « Ne traitez pas votre chat avec un antiparasitaire pour chien », juin 2023 ; SAVSNET, université de Liverpool, « Focus on disease : fleas » ; ASPCA Animal Poison Control Center, via dvm360, « Essential oils for fleas and ticks? Not so fast », 2018.

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